Sociétés primitives et sociételle

De Le modèle M3M
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Indian Chief 'Two Eagles' was asked by a white government official, 'You have observed the white man for 90 years. You've seen his wars and his technological advances. You've seen his progress, and the damage he's done.' The Chief nodded in agreement. The official continued, 'Considering all these events, in your opinion, where did the white man go wrong?' The Chief stared at the government official for over a minute and then calmly replied. 'When white man find land, Indians running it, no taxes, no debt, plenty buffalo, plenty beaver, clean water. Women did all the work, Medicine man free. Indian man spend all day hunting and fishing; all night having sex.' Then the chief leaned back and smiled. 'Only white man dumb enough to think he could improve system like that.'

La sociételle peut à juste titre paraître bizarre. Au moins elle est bizarre quand on la place dans une perspective où elle se compare aux sociétés primitives. Ce que l'HSC est amené à considérer comme un progrès de la civilisation est alors vu avec un certain recul, et l'idée de progrès devient alors toute relative.

La démarche Modèle:XMOD n'est pas une promotion naïve d'un retour à des valeurs primitives. Elle s'appuie au contraire sur les capacités technologiques et productives qui ont été apportés avec le progrès. Mais la démarche Modèle:XMOD retient l'idée que les modalités bizarres adoptées par la sociételle sont souvent moins performantes que ne l'étaient certaines modalités de fonctionnement des sociétés 'primitives'. Les transformations successives qui ont amené la construction de la sociételle ont combiné des progrès et des dégradations.

Il serait simpliste d'imaginer qu'il n'existe qu'un seul type de société primitive. Mais derrière la diversité de celles-ci, on trouve des constantes, au minimum dans la comparaison où elles sont opposables à la sociételle. Ici sont reprises les oppositions qui jouent un rôle dans la démarche Modèle:XMOD.

La mort

La mort a toujours été difficilement acceptable.

Chez les primitifs la mort est acceptée sous la forme d'un passage d'une forme de vie à une autre, moins visible. Le mort subsiste dans la mémoire des vivants, mais aussi sous forme d'une âme qui observe, conseille, et parfois intervient. La mort est acceptée.

Dans la sociételle, le culte de l'individu, de son apparence et de ses succès ne laisse pas beaucoup de place au mort. Celui-ci est vite oublié. Pour ceux surtout que n'habite aucune conviction religieuse, la mort est un triomphe du néant, et ce néant est au mieux reléguée à l'arrière-plan, au mieux un tabou. La mort est mal acceptée.

Coexistence des générations

Dans la société primitive, les différentes générations se cotoient, s'échangent des valeurs et des expériences. Les conflits de génération existent, mais le rôle des vieux et leur prestige est reconnu.

Dans la sociételle, il existe entre les générations des barrières liées à divers facteurs, dont peut-être la forme de consommation. Les vieux vivent plus vieux, et de ce fait ils coûtent cher. Les vieux sont moins bien acceptés et moins bien intégrés.

Environnement

Dans la société primitive, l'environnement est un pourvoyeur de ressource qu'il fait entretenir et ménager, parce que l'individu est conscient de la dépendance des siens par rapport à cet environnement. De manière générale, la société primitive privilégie un équilibre et une stabilité dans les rapports que l'humain entretient avec son environnement.

Dans la sociételle, les idées de consommation, de croissance, de capacité exportatrice... s'accommodent difficilement avec le respect de l'environnement. Une distance énorme sépare le citadin moderne de son environnement. Que devrait penser le consommateur qui épuise un bien de l'autre bout du globe ? La logique est axée sur la croissance de l'espèce dominante et l'exploitation opportuniste des réserves visibles.

Travail

Dans la société primitive, le travail est une charge nécessaire à la couverture des besoins de la communauté. Le travail est justifié objectivement par le résultat obtenu: pêche, chasse, élevage, agriculture, soin des enfants, soin des malades, éducation... Le travail peut n'être qu'occasionnel, en particulier si la satisfaction des besoins le permet.

Dans le sociételle, le travail s'est écarté du résultat objectif attendu. Le travail est devenu un droit à défendre, une condition de reconnaissance sociale, une composante de l'épanouissement individuel.

Collectivité

Dans la société primitive, la collectivité est une entité prioritaire de fait. Le partage - plus ou moins - équitable des ressources et la contribution - plus ou moins équitable - des prestations mène à une couverture raisonnable des besoins de tous, sans rouages trop complexes.

Dans la sociételle, les mécanismes de sécurité sociale jouent un rôle similaire. Cependant ils ne sont pas généralisés, ne fonctionnent qu'à travers des rouages administratifs lourds, et leur transparence douteuse ouvre parfois la voie à des formes d'abus et de corruption.

Conclusion

Il serait ridicule d'encenser la société primitive et de condamner la sociételle. Parmi les innombrables progrès accessibles dans cette dernière, on peut noter le confort de vie, l'espérance de vie, la disponibilité d'un immense éventail de biens et services,...

Il reste cependant vrai qu'avec ces progrès des atouts fondamentaux ont été sacrifiée et oubliés, et qu'il n'est pas absurde de vouloir imaginer la restauration de certains d'entre eux.