De l'entreprise à la prestante

De Le modèle M3M
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Les acteurs de l'entreprise

Les acteurs de l'entreprise dans le modèle libéral en fonction sont:

  • les actionnaires
  • les administrateurs
  • les travailleurs
  • les clients ou consommateurs

et dans une moindre mesure:

  • les partenaires
  • les organismes de contrôle

Limites et faiblesse du modèle entreprise

Ailleurs ont été discutées ces limites et faiblesses. Il s'ensuit que la construction d'un nouveau modèle de société doit, pour traiter cette situation, inclure la définition d'une alternative à l'entreprise, destinées à remplacer celle-ci.  

La chaine de pouvoir au sein de l'entreprise

Dans l'entreprise il existe une chaîne de délégation qui est aussi une chaîne de pouvoir.

  1. L'actionnaire (représenté dans le modèle classique essentiellement par l'"assemblée générale des actionnaires") désigne les membres d'un conseil d'administration (le président et l'ensemble des administrateurs), demande à ce dernier de lui faire rapport, et décide du maintien ou du renouvellement des membres de ce conseil d'administration. Il est à remarquer que dans plusieurs grandes entreprises, l'éclatement des petits actionnaires rend parfois difficile ou impossible cette forme de contrôle, notamment du fait du manque de transparence des organes de gestion de la société, et en particulier du conseil d'administration. Mais cela est une dérive, tandis que le principe reste bien le pouvoir ultime des actionnaires. Le fonctionnement de la société, et les relations qui existent entre les actionnaires, le conseil d'administration et les autres organes de la société sont définis dans les statuts de la société. Il s'agit d'un texte fixé à la création de l'entreprise, et dont les modifications sont soumises au pouvoir des actionnaires.
  2. Le conseil d'administration est l'organe de gestion le plus puissant de la société. Souvent il traduit une rapport de force entre divers représentant désignés par les actionnaires, et par conséquent les mécanismes de décision utilisés impliquent généralement des votes. Entre autre pouvoirs, le conseil d'administration a le pouvoir d'organiser les niveaux supérieurs de la direction, souvent en déléguant comme directeur général un membre du conseil d'administration. Le conseil d'administration n'a en pratique qu'un activité occasionnelle, et ses réunions sont fixées longtemps à l'avance autour d'un agenda précis. Occasionnellement des réunions urgentes répondent à des circonstances extrêmes et urgentes.
  3. La direction est le second niveau de pouvoir, responsable de le gestion de l'entreprise au quotidien et dans toutes ses ramifications. Les performances de l'entreprise sont notamment celle de la direction, et leur mesure est celle de la compétence de la direction. Mais l'espace de décision et de liberté de la direction est limité aux orientations stratégiques du conseil d'administration, qui fixe au niveau le plus élevé les priorités de l'entreprise.
  4. La chaîne de pouvoir se transmet ensuite de la direction aux travailleurs. Les travailleurs sont le poumon et l'organe de production réel de l'entreprise, qu'il s'agisse de cadres, d'employés ou d'ouvriers. Les travailleurs représentent à la fois l'énergie productive de l'entreprise et son principal coût de production. De ce fait les travailleurs ont toujours une relation double avec l'entreprise. D'une part ils contribuent avec énergie au succès de l'entreprise parce que tel est leur intérêt (et le support de leur épanouissement social). Mais d'autre part, ils sont amenés à sa battre pour défendre des intérêts (revenus principalement) qui sont en première approximation opposés aux intérêts des actionnaires. C'est une caractéristique marquante de l'entreprise: pour réussir au mieux, elle doit souvent combattre les intérêts de ceux qui la font vivre !
  5. Reste la question du pouvoir du client consommateur. En principe celui-ci devrait être tout-puissant, puisque la défection des clients est une menace vitale pour la survie de l'entreprise. L'entreprise ne vit pas sans ses clients, et ne ménage pas ses efforts pour magnifier ce message, qui tourne souvent en substance à "Que pouvons nous (entreprise) faire pour vous (consommateur) être agréable ?". Cependant dans les faits, l'objectif réel de l'entreprise n'est pas de servir le consommateur, mais bien de lui faire payer des biens et services, et ce quelle qu'en soient la qualité réelle. Dans la grande chaîne de pouvoir décrite ici, le souci ultime de l'actionnaire n'est pas de posséder une entreprise qui enchante ses clients, mais bien une de posséder une entreprise qui est rémunérée au plus haut par ces clients. En particulier, le prix des biens et services vendus obéit à cette logique implacable.

Alternative ?

Peut-on imaginer une autre chaîne de pouvoir?

Peut-on de ce fait imaginer une alternative à l'entreprise libérale ?

En construisant cette alternative, il faudrait autant que possible éliminer les vices de l'entreprise, qui sont liées à la chaîne de pouvoir, mais il faudrait simultanément maintenir les objectifs positifs indispensables couvert de facto par l'entreprise libérale.

Ce qui doit être maintenu

Prestation

La première chose qui doit être maintenue, c'est ce dont bénéficie in fine le client consommateur, c'est à dire la prestation de l'entreprise: production de biens ou fourniture d'une service. Pour cette raison cette alternative reçoit ici le nom de "prestante", ou "entité prestante". Un modèle de société ne peut fonctionner que si à divers niveaux des prestations sont offertes, que ce soit par l'entreprise libérale ou par l'alternative meilleure à définir ici.

Il faut souligner que les prestation peuvent être de taille extrêmement variable. Elles vont du paquet de frite offert par le petit commerçant de rue jusqu'au gros transporteur aérien destiné à l'industrie du voyage de masse. Elles vont de la coupe de cheveux aux services d'infrastructures portuaires. La liste est fort longue.

L'ensemble des prestations imaginables doit être couvert dans le modèle de la prestante.

Financement

Le modèle de l'entreprise libérale a pour principale vertu d'organiser une chaîne de financement. C'est aussi la chaîne de pouvoir, et l'actionnaire en est la clé ultime.

Les prestantes doivent offrir une réponse efficiente à cette question.

Performance

Certainement, l'idéal entrepreneurial libéral cultive cette idée de performance, et il faut admettre que la performance est un objectif clé.

Mais cet objectif mérite deux reformulations.

  • Admettant que la communauté des homo sapiens préfère depuis toujours un maximum de confort pour un minimum d'effort, admettant la légitimité de cette aspiration, la performance doit s'exprimer approximativement par "un maximum de qualité et quantité dans les biens et services offerts, pour un minimum d'efforts de production de ces biens et services".
  • La performance ne saurait avoir pour mesure le bénéfice de l'activité économique, et donc la satisfaction de l'entrepreneur. Elle devrait plutôt avoir pour mesure la satisfaction du client consommateur, en terme de qualité et quantité obtenus par rapport au prix payé.

Donc la formulation générale de la performance d'une prestante serait:

"un maximum de qualité et de quantité dans les biens et services offerts au consommateur, pour un minimum d'efforts de production de ces biens et services, et pour un coût minimal supporté par le consommateur".

Innovation

L'idéal entrepreneurial cultive également le concept d'innovation.

Cependant à nouveau pour admettre l'innovation comme objectif clé, il faut modifier la nature de l'innovation souhaitée.

Dans le modèle libéral de l'entreprise, l'innovation ne prend de sens que si elle est lucrative pour l'entreprise, donc pour l'actionnaire.

Au contraire, dans le modèle Modèle:XMOD en général, et dans le cahier de charge des prestantes, il faut d'une part soutenir le concept d'innovation non lucrative, et d'autre part moduler le fonctionnement des prestantes pour assurer la motivation des acteurs de l'entreprise, tout en donnant une poids et un pouvoir majeurs aux clients de la prestante.

Motivation

Dans la prestante, il faut motiver à la fois:

  • les initiateurs de la prestante
  • ceux qui ont éventuellement pris des risques pour en assurer le démarrage et le fonctionnement (le risque doit toujours être rémunéré)
  • le personnel dirigeant la prestante
  • le personnel travaillant de la prestante
  • La motivation peut se présenter sous forme de reconnaissance et de prestige, qui sont des formes d'accomplissement personnel et social. Mais la motivation doit en pratique surtout se manifester de manière financière.

Chaîne de cohésion

Enfin, il faut observer que la stabilité du modèle libéral de l'entreprise doit tout à la chaîne de pouvoir, qui est donc aussi une chaîne de cohésion.

Si dans le modèle des prestantes, cette chaîne de pouvoir est éliminée, il faut alors lui trouver une autre forme de chaîne de cohésion.

Cette chaîne doit lier de manière souple mais efficiente l'ensemble des acteurs de la prestante.

Taille

Se pose également la question de la taille optimale de la prestante.

D'un coté la globalisation des marchés, qui ne fait que répercuter l'universalité des demandes des consommateurs pousse les entreprises à croître, absorber et fusionner pour atteindre une taille maximale. Cela s'accompagne dans le modèle de l'entreprise libérale par la doctrine des économies d'échelle, qui s'applique avec des succès contestables à l'industrie des services, et avec des succès limités à celle de la production de biens. Cela s'accompagne aussi d'un certain cynisme de la même entreprise libérale en ce qui concerne les économies du coût des masses salariales, économies qui sont atteintes en déplaçant de manière opportuniste les unités de production vers les lieux les moins chers en terme de main d'œuvre. Cette action logique et cohérente dans le modèle libéral implique des chocs économiques violents, des croissances et affaissements du dynamisme économique ca et là.

De l'autre coté, la qualité des services offerts, l'adéquation au besoin spécifique du client consommateur, poussent à une dimension 'humaine' de la relation et à une dimension plus réduite des entreprises.

Le concept de prestante doit trouver un équilibre entre ces deux pôles. Certainement il faut s'écarter du gigantisme et des dégâts qu'il génère, mais il ne faut pas trop perdre au plan de la productivité générale.