Entreprise, sélection naturelle et cloisonnement

De Le modèle M3M
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La sélection naturelle, telle que décrite par le processus de Darwinien, met en œuvre trois forces complémentaires. Les deux premières sont connues. Il s’agit d’une part des mutations aléatoires, laboratoire expérimental testant une infinie variété d’hypothèses s’écartant des solutions de référence, avec l’espoir – avec la probabilité, car le laboratoire est aveugle – de produire des hypothèses meilleures, plus performantes que les précédentes. Il s’agit d’autre part de la sélection proprement dite, qui n’est rien de plus qu’un filtre éliminant toutes les hypothèses globalement défavorables. Il y a une troisième force nécessaire au gradient croissant de la qualité des espèces issues de la sélection naturelle. Cette troisième force est le cloisonnement aléatoire des zones de développement des espèces en voie d’évolution. Ce cloisonnement est indispensable au processus de spéciation ; sans lui une seule espèce s’impose dans chaque biotope et les qualités remarquables des tentatives esquissées localement n’ont aucune chance d’atteindre leur seuil d’acceptation ou de rentabilité, ce dernier mot étant à prendre au sens d’expansion biologique.

La logique des cloisonnements est indispensable à la création de notre biodiversité, mais elle a aussi été à la base de notre diversité et de notre richesse culturelle. La diversité de nos modes de vie, de pensée, celles de nos croyances et de nos religions n’aurait pu exister sans une forme de cloisonnement.

Or précisément le capitalisme est l’ennemi par excellence du cloisonnement. Les entreprises cherchent à se développer sur des horizons aussi larges que possibles. Dès lors la diversité culturelle doit être gommée. La diversité des coutumes alimentaires par exemple est combattue par le modèle capitaliste qui tend à imposer au niveau planétaires les mêmes marques de soft drink ou de hamburger.

La perte du cloisonnement mène à une uniformisation des solutions retenues, et à l’impossibilité de tester des alternatives locales. Le désert économique et culturel auquel mène le capitalisme strict peut être décrit comme un effondrement de la biodiversité. « Une seule espèce par biotope » devient « une seul produit par marché ». Cela implique donc aussi, revenant à la problématique économique que des régions ou des nations entières pourraient devenir improductives ou incapables d’assurer un production originale tout simplement parce que des espèces dominantes, définies et gérées loin d’elles ne leur donnerait aucune chance de survivre dans un processus d’affrontement direct puisque privé de toute cloison. Ces régions ou nations « mineures » se retrouvent donc forcément dans un état de dépendance inéluctable. Le succès des entreprise qui y naissent et le travail de leurs habitants échappent à tout contrôle local.