Modèle libéral

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Le modèle libéral (ou capitaliste) est avant tout une promesse de prospérité. Selon ce modèle, la mise en place d'une concurrence encouragée permet aux forces du marché de pousser celui-ci vers des points d'équilibre. De plus ces points d'équilibre généralement acquis permettent à un certain nombre d'intervenant de trouver une forme de prospérité, et par des mécanismes confus, ils permettent à l'ensemble de la société d'atteindre un niveau de prospérité intéressant.

Au crédit du modèle libéral, il faut au minimum rapporter:

  • L'encouragement efficace des processus d'innovation. L'innovation est activée est encouragée, parce qu'elle est rémunérée. Pour être riche, il faut ou il suffit d'avoir une idée neuve et bonne. Notre entourage technologique montre que beaucoup de bonnes idées ont ainsi eu des retombées positives pour tous.
  • Un encouragement à la transparence dans des processus de compétition. Cette transparence...


Cependant, force est de constater que le modèle libéral tient mal ses promesses:

  • L'enrichissement au niveau global est douteux. La machinerie libérale est souvent prise de hoquets internes violents, qui se traduisent par de vastes pans de l'industrie qui se déplacent massivement ou qui s'effondrent tout simplement, avec des conséquences sociales désastreuses.
  • L'augmentation de la disparité dans la distribution des richesses. Le nombre de riches et de très riches augmentent, rapportent les banques, mais dans le même temps le nombre de pauvres augmente aussi, et leur niveau de pauvreté s'aggrave.
  • Le caractère global étouffe le potentiel d'initiative à moyenne ou petite échelle. Les "barrières à l'entrée" des entreprises sont de plus en plus infranchissables, et les effets de regroupement que cela implique rend désespérées les tentatives de développement d'initiatives au niveau régional ou même national. Dans l'Europe de 2005, les industries de l'énergie, de l'automobile, des communications... ne tolèrent plus que des acteurs continentaux ou mondiaux. Il s'ensuit qu'une immense capacité d'innovation locale est étouffée faute de moyens suffisants. Il y a là quelque chose comme l'impossibilité de maintenir dans la sphère économique une pression sélective et une évolution similaire à celle qu'affiche le monde du vivant. Une tentative d'analyse de ceci est livrée dans l'étude jointe "évolution biologique et économique".
  • L'innovation et de manière générale la créativité des humains est mal exploitée. En particulier, l'innovation non lucrative est inhibée.
  • La gestion des problèmes globaux, et particulièrement les problèmes environnementaux est biaisée et affaiblie par la pression des enjeux défendus par le modèle libéral.

De manière générale, le modèle libéral est aujourd'hui largement critiqué, et n'a pu réunir un consensus enthousiaste, notamment parce qu'il n'a de succès relatifs que dans quelques pays qui en tirent parti via les déséquilibres entre leur propres économies et celles des pays qu'elles voudraient encourager à consommer des technologies et produits exportée.

Enfin, sur un plan strictement humain, le modèle d'HS qui est encouragé ou produit par le modèle libéral est particulièrement pauvre. L'HS consumens, le consommateur permanent est avide de produits et de nouveautés, vit dans l'attente permanente de l'augmentation de son pouvoir d'achat. Il est semblable d'un bout à l'autre de la planète, soumis au même matraquage du marketing, consommant les même gadgets, boissons et vêtements. Il est rapidement acculturé, et sa recherche du bonheur semble réduite à une quête matérielle dérisoire, où sa richesse intérieure est peu écoutée, voire interdite de parole.

Les concept-clés du modèle libéral, sur lesquels une réflexion s'impose sont ceux d'entreprise, de bénéfice, d'actionnaire et de travailleur. Ils sont utiles et intéressants, ils ont démontré leurs champs d'application, mais ne peuvent être pris comme inamovibles.

Vertus et misères des modèles libéraux

Le modèle libéral (on pourrait aussi dire « capitaliste ») domine les nations occidentales et s’impose progressivement comme modèle pour toutes celles de la planète.

Cependant il semble aujourd’hui poser de plus en plus de problèmes et s’acheminer vers une impasse.

La compétition à outrance organisée entre les entreprises avec pour objectif prioritaire la rémunération maximale de l’actionnaire est favorable aux multinationales qui deviennent progressivement aussi puissantes que de petites nations. Face à elles, les petites entreprises ne peuvent espérer se développer que sur des niches étroites et avec l’espoir d’être intégrées à un groupe plus large.

Ce processus de sélection est malsain et peu efficace, parce qu’il organise une concentration du pouvoir économique et une appauvrissement systématique de ceux qui sont à l’extérieur de ces sphères de pouvoir.

Il s’ensuit essentiellement trois problèmes. De manière générale, ces problèmes viennent du fait que dans le modèle libéral, la dimension économique est largement dominante.

  1. Le premier est l’écart de richesses croissant entre ceux qui tiennent les rênes du pouvoir économique et ceux qui n’en sont que les pantins, parfois chanceux parfois malchanceux, mais jamais maîtres de leur destin.
  2. Le second problème est celui des priorités à court terme. La logique économique de l’actionnaire investisseur favorise l’enrichissement à court terme. Les objectifs et priorités à moyens et long terme sont sacrifiées et parmi elles celles que défendent traditionnellement les écologistes. Il n’est pas étonnant, dans cet ordre d’idée, de constater que ce sont précisément les nations qui adhèrent avec le plus de cynisme au modèle capitaliste qui sont les plus rétives à adopter les mesures de protection de notre environnement planétaire à long terme.
  3. Le troisième problème est un problème biologique et pour ainsi dire de topologie. Il s'agit d'un problème propre à la compétition entre entreprises, et il s'agit d'un problème d’évolution.