Popularité, légitimité et compétence

De Le modèle M3M
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L'un des malaises des démocraties vient de la relation complexes entre popularité, compétence et légitimité, relation qui peut évoluer en formes de tensions et de conflits.

On pourait résumer la démocratie par une relation entre ces trois notions. Dans une démocratie, le pouvoir n'est accordé que selon des mécanismes de légitimité. Au niveaux les plus élevés, la démocratie a besoin de compétences, tandis qu'elle choisit ses élus sur base de popularité.

Cette définition souligne le regrettable décalage observé dans la sociételle entre compétence et popularité. Tout se passe comme si la démocratie rêvait de réunir des électeurs avisés et informés, capables de n'accorder la popularité qu'à des élus porteurs de compétences effectives. Il va de soi que le démocartie fait de beaux rêves et que la réalité s'en saisit rarement.

Légitimité

La légitimité est la notion la plus délicate, et un concept clé du droit. En bref, une action est légitime lorsque qu'elle repose sur le droit, et la définition du droit est le choix d'un groupe d'humains. Dans une démocratie, la légitimité intervient donc à deux niveaux. Les rouages de la démocratie font émerger les lois et le droit comme des produits. Et par ailleurs - c'est ce qui est important ici - la légitimité est un attribut du pouvoir, et dans une logique démocratique, elle est la condition de pouvoir.

La légitimité du pouvoir des démocraties prend deux formes, suivant les niveaux concernés. Aux niveaux les plus élevés, des personnes et des partis reçoivent le pouvoir légitime selon des dispositifs d'élections. L'ensemble des citoyens autorisés à voter donnent des voic de même poids, et l'arithmétique fait le reste pour désigner les partis et personnes dotées du pouvoir. C'est la légitimation électorale.

Aux niveaux moins visibles des foules des électeurs, le pouvoir est distribué suivant des considérations de compétences d'une part, et des accoinatnaces avec les parties et personnes élus d'autre part. C'est la légitimation technique.

Légitimités non démocratiques?

Historiquement la légitimité électorale des démocraties a remplacé des formes de légitimités très diverses, où n'étaient pas absentes les rapports de forces militaires, économiques ou divins. Les théocraties, monarchies de droit de divin, aristocratie et ploutocraties diverses ont fonctionné longtemps avant le modèle démocratique et à coté de celui-ci. La différence forte de la démocratie, la qualité incontestable de celle-ci est son caractère consensuel: les électeurs et les élus semblent d'accord pour déclarer que ce modèle leur convient à tous.Ils supposent d'ailleurs que cela suffit à décréter qu'il n'en existe pas de meilleur...

Popularité

La légitimité électorale, celle des responsabilités supérieures, repose sur les élections, donc sur les électeurs, donc sur la popularité.

La popularité est une mesure démocratique évidente. Elle se mesure en nombre de voix obtenues lors d'élections, et éventuellement postérieurement par des études de popularité menées par des méthodes statistiques. La popularité est dans une démocratie un rouage de pouvoir, qui, via les mécanismes électoraux, résulte en une délégation légitime, librement consentie et choisie. Les élus sont des individus qui ont réussi à convaincre une population significative d'électeurs. Pour triompher, les élus doivent être populaires avant tout, au moins durant la période des élections. Pour atteindre cet objectif, d'innombrables méthodes sont utilisées. Ces méthodes sont plus ou moins acceptables, mais ceci n'est pas important ici.

La popularité a donc une qualité évidente: elle est mesurable objectivement par des mécanismes simples, les élections. Mais la légitimité électorale, et donc la popularité, donnent-ils le pouvoir aux personnes les plus compétentes?

Compétence

A l'inverse de la popularité, la compétence d'un élu a posteriori est très difficile à évaluer objectivement. On pourrait même avancer que chaque homme politique et chaque citoyen peut produire une mesure personnelle de compétence des élus, et que cette mesure est tout sauf objective.De fait il semble extrêmement difficile, voire impossible d'établir un mécanisme de sélection collectif d'individus investis de pouvoir selon des critères de compétences.

Cette question qui est le fondement de la démocratie électorale mérite cependant d'être discutée. Peut-on imaginer des formes de pouvoir démocratiques donnent un meilleur poids aux compétences, un moindre poids à la popularité? Et ces formes pourraient-elles avoir les attributs de légitimité souhaitables?

Populaire ET compétent ?

Il existe des situations heureuses où la démocratie a donnée le pouvoir à des personnes combinant popularité, légitimité et compétence. Dans le meilleur des mondes démocratiques, cette superposition heureuse serait une sorte de miracle permanent.

Mais le constat évident va dans l'autre sens. Le constat-clé indique que les citoyens perçoivent peu des compétences réelles et sont aveuglés par les projecteurs de popularité. Les voix et le pouvoir légitime vont aux candidats populaires plus qu'aux candidats compétents.